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ROLLAND Julie

 

Médecin pédopsychiatre

Ancienne assistante des hôpitaux

Née en 1972 à Sète

 

Plutôt que de nous parler d'elle, Julie Rolland préfère nous parler de son livre.

« Anis la petite souris verte » est un conte qui s’adresse aux enfants à partir de trois ans. La couverture souple et le format carré permettent à l’enfant jeune le plaisir de la manipulation et plus tard par le jeu de l’illustration en découpages, la découverte par lui-même des mots cachés de l’histoire… Mais revenons à l’histoire justement…

Sur la base de la comptine de la souris verte, deux personnages, qu’a priori rien ne réunit, vont se rencontrer, se découvrir et s’apprécier. Les thèmes développés dans l’histoire sont : la naissance de l’amitié, l’adversité, la vulnérabilité. Nos deux héros, l’éléphant et la souris, vont chacun ressentir ou faire ressentir à l’autre de la peur, dans un jeu de passe-passe où l’on devient tour à tour effrayé ou effrayant.

Par ce jeu d’identifications successives, l’enfant ressent à son tour ces sentiments contradictoires que sont la peur de la peur et l’envie d’avoir peur. Car enfin, de toujours, les enfants, pour apprivoiser leurs angoisses internes, mettent en scène la peur à travers des jeux : cache-cache, le loup, histoires à se faire peur… jusqu’à l’adolescence où l’on se plonge avec délectation dans les films d’horreurs. Jouer à avoir ou faire peur permet donc d’expulser les angoisses internes (inhérentes au fait de grandir, changer, évoluer) …

Mais dans notre société d’enfant souhaité parfait, les parents que nous sommes avons trop souvent tendance à rassurer les enfants en banalisant leur peur que nous percevons comme irréaliste et déraisonnable. Pourtant, que ce soit du loup, du noir ou de tout autre chose, leur peur est réelle et comme le disent les personnages du livre : « J’ai peur un point c’est tout ! ».

Bref, la peur, émotion humaine indispensable à notre survie, ça ne se discute pas ! Par contre trouver nos propres ressources et aider nos enfants à trouver les leurs pour faire face à leurs peurs, c’est peut-être là que commence la véritable histoire…